"...et ainsi laisser le changement survenir naturellement..."

Apprendre à apprendre

 

...Suite

Nous pourrions utiliser une image concernant  notre faculté d'apprentissage sur nous-mêmes: après l'affirmation d'un voeu décidé sur un engagement à un certain travail sur nous-mêmes, il va vite apparaitre que nous bénéficions d'un certain coefficient invisible d'apprentissage/résistance, qui va freiner, ralentir, nous distraire, ou arrêter le processus, ou au contraire nous porter, nous entrainer. Nous assumons aveuglément pouvoir apprendre à changer, sans vouloir noter les obstacles qui nous en empêchent. Une sorte de principe de Peter appliqué à notre entendement.

 

   Apprendre à apprendre est une remise en cause journalière de ce qui a défini ce coefficient de résistance: en résumant, nous pourrions avancer que la fausse personnalité ou égo, utilisée sans répit et le plus souvent mal à propos est le "fauteur de trouble".

 

    Apprendre à apprendre s'adresse au "je" de "j'apprends". Qui veut apprendre, et surtout qui résiste à apprendre?

 

   Apprendre à apprendre est une remise en cause douce et ferme à la fois, de notre masque, bâti souvent sur la honte, le mépris de soi, la culpabilité, le secret, l'orgueil, la colère, l'inhibition, la peur, la défense de préjugés, de conventions intégrées mais jamais discutées, de modes de fonctionnements familiaux ou sociaux nocifs non questionnés à l'âge adulte, d'attentes, de comparaisons,  d'éducation difficile, etc...

 

   Apprendre à apprendre appelle un jour ou l'autre à l'humilité. Sans cette qualité de remise en cause de ses propres vieux schémas, d'une capacité d'écoute et d'observation de soi sans jugement, rien ne s'apprend, rien si ce ne sont des données théoriques sur lesquelles tout imbécile intelligent est capable de discourir des heures.

 

    Apprendre à apprendre est une transformation de soi organique, un grand pas pour favoriser la floraison de nos parts de masculin authentique et de féminin: capacité d'écoute, de réception de la parole de l'autre sans réactivité, humilité, réduction et diffusion de notre colère ou orgueil, relâchement des tensions corporelles profondes, fécondité de l'apprentissage par des comportements plus justes, acceptation de la vie telle qu'elle est avec l'action la plus appropriée possible qui peut s'ensuivre, contemplation.

 

   Apprendre à apprendre est la joie de pouvoir énoncer un "Je ne sais pas" intelligent sur nous-mêmes. Paroles ouvertes qui permettent alors l'expérimentation vraie, et le réexamen de toutes les relations que nous engageons.

 

   Nous pouvons pratiquer Apprendre à apprendre chez nous, dans notre milieu, mais le creuset se fera très efficacement dans un groupe de pairs dédié. Voilà entre autre pourquoi les groupes d'hommes sont si importants, c'est qu'ils vont nous permettre lentement et surement de nous approcher d'une partie de nous plus ouverte, que peu à peu nous hommes allons mieux entendre, soutenir si besoin, défendre si nécessaire.

 

    Le travail d'une vie !

 

Guy Ferré