"Ressentons-nous les différences entre nos rôles de père et de mari?"

Relation aux parents

 

...Suite

   Les "programmes implantés", si nous pouvons dire, sont souvent difficiles à repérer, et encore plus difficiles à changer.

    Il n'est pas aisé de s'aventurer à les découvrir: nous pouvons nous sentir désorienté, vide, fou, et en même temps libéré, juste, clair.

 

   Néanmoins, si nous désirons réellement laisser fleurir notre "quotient relationnel" comme le dit J. Salomé, il est important de s'ouvrir à ces questions sur cette transmission et notre tendance à la rejouer dans nos paroles, mimiques, gestuelles, pensées, acquis culturels, préjugés, idéologie...Nous sommes tous le réceptacle de nos parents ou éducateurs: heureusement. La question est surtout de savoir si ces apports sont sains relationnellement, ou divisent les êtres humains? Sont-ils violents, excluant, haineux, ou unitifs, compréhensifs, aimant? 

 

   Continuer à faire l'économie de cette découverte, nous entrainera à transmettre souvent ce qui n'est pas notre "programme". Alors du à notre inconscience, nous proposons simplement "notre père et/ou notre mère", où "nos ancêtres et leurs fantomes", à nos enfants, ou à notre compagne...Nous savons tous comment cela peut tourner...

 

    Examiner nos loyautés, peut nous faire croire que nous allons trahir ou renier nos parents. Bien au contraire, cela ne peut que nous rapprocher d'eux: l'amour ou la difficulté d'aimer de leur part n'est pas en cause. Notre soumission et non notre respect est le point d'achoppement.

 

    Et peut-être également que en tant qu'adultes nous sommes restés distants, rebelles, amers, haineux vis-à-vis d'eux: les questions restent les mêmes. Nous sommes liés à eux sur l'autre versant, c'est tout. Malgré la possible distance physique, nous sommes toujours attachés.

 

   Les liens du sang ne justifient et n'excusent en rien des comportements négligents, toxiques ou pathologiques. Il est des situations de famille très dures et on ne sait trop comment accéder au pardon... Mais qu'allons-nous faire pour retrouver plus d'apaisement? Quel est notre investissement dans l'amertume et la colère? Rejouons-nous la victimisation, ou accédons-nous à plus de responsabilité? Allons-nous nous autoriser à abandonner ces liens du coeur noués, serrés?

 

   Et d'un autre côté, si les valeurs transmises sont bonnes pour nous et nos proches, alors pouvons-nous les partager de façon plus large... 

 

Guy Ferré