26-0 ! Où sont les hommes?

Le Professeur Philippe Bessoles de Grenoble, dans ses travaux originaux, ainsi que Didier Dumas dans ses livres ("Sans père et sans parole") ont bien mis en évidence les liens entre parole, ou plutôt manque de parole, sur soi, dite, entendue et reçue, et les violences. Un homme qui n'a pas été entendu, où qui n'a pu se dire, faute de lieux et d'autres hommes adéquats pour cela, reste face à sa propre souffrance, qu'il ne peut en général, par mode d'expression fruste car non apprise, que manifester en pathologies, violences envers lui-même et les autres.

Jean Anselmino, du Réseau-Homme Rhône-Alpes et moi-même, avons été convié la semaine dernière à Paris aux Assises Nationales contre les Violences Sexuelles, à animer un atelier : "Place des réseaux hommes en lien avec les violences sexuelles". Un lien est donc clairement énoncé entre parole (ou pas) et emprise, entre possession de soi (ou pas) et anéantissement de l'autre.

Là nous touchons au coeur du réacteur, à la prévention primaire, qu'il nous faudra bien nommer un jour, sachant que 70% à 80% au moins des violences sexuelles sont le fait d'hommes. Se pourrait-il que l'absence de parole sur soi, avec nos enfants, nos épouses, etc...soit une des grande source de violence?

Donc quel serait notre responsabilité d'hommes dans notre dialogue avec d'autres hommes et nos enfants, quelle transmission? Se pourrait-il qu'un antidote à la violence soit cette parole juste, énoncée et entendue, sur soi, ses ressentis, ses doutes, ses hontes et manquements, ses joies, ses fiertés, donnée aux autres sur tous sujets affectant nos vies?

Notre atelier s'est bien passé, il fut très vivant, a suscité beaucoup d'intérêts et de nombreuses questions a un détail près: 26 femmes présentes, zéro hommes !

guy



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